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Les routes se mettent au vert

Jean-Pierre Colin

Depuis 2009, le Département n’utilise plus une goutte de pesticide pour traiter les "mauvaises herbes" sur le réseau routier seine-et-marnais. Premier bilan un an après, avec Jean-Pierre Colin, directeur adjoint de l’exploitation et de l’aménagement des routes.

Description de l'image

Démonstration de désherbage thermique

Le Département a procédé à un important changement dans sa façon d’entretenir les espaces routiers. De quoi s’agit-il ?
Jean-Pierre Colin :
C’est le "zéro phyto". Cela fait maintenant un an que nous procédons ainsi. Nous devons être exemplaires. Nous le faisons partout, sur les 4000 kilomètres de routes que nous traitons. Si nous utilisons ne serait-ce que quelques gouttes de pesticides, nous perdons toute crédibilité.

Quelles contraintes cela représente-t-il ?
J.-P. C. :
Il nous faudra opérer des traitements manuels plus fins pour certaines plantes, les chardons par exemple. La sécurité routière est parfaitement assurée, puisque nous pratiquons des fauchages réguliers aux giratoires.

Néanmoins, avez-vous rencontré des réticences ?
J.-P. C. :
A ce jour, nous avons reçu un seul courrier, celui d’un agriculteur, relatif à un problème de chardons. La discussion a été engagée avec lui, via la Chambre d’agriculture.

La réaction des usagers n'est pas significative sur une année, mais on peut penser que l'absence de traitement chimique donnera l’image d'un entretien moindre des services départementaux du fait du développement anarchique des végétaux sur les îlots et les abords des routes. Afin de répondre à ce type de remarques qui ne manqueront pas d’être faites, malgré tous nos efforts de communication, des solutions alternatives expérimentales sont en cours d'évaluation afin d'être en mesure de les mettre en oeuvre le cas échéant.

Aujourd’hui, quel bilan faites-vous de l’opération ?
J.-P. C. :
Il s’avère satisfaisant. Nous dépensons moins. Personne ne semble mécontent. A l’échelle d’une année, il est en revanche difficile d’évaluer déjà les retombées sur les nappes phréatiques. On sait qu’elles existent, qu’elles sont précieuses, mais on ne peut encore les estimer avec précision. Quoi qu’il en soit, le Conseil général de Seine-et-Marne mène, au travers du "zéro phyto" une politique exemplaire et ça, c’est très positif.